Titre du projet : « OPOUTO – KOUNOUDETO pour dénoncer la violence sexuelle sur les filles et leur mariage précoce obligatoire au Bénin ».
Communes : Adjarra, Avrankou, Dangbo, Ouinhi et Boukombé,
Département: Départements concernés (Ouémé, Zou et Atacora)
Origine et contexte :
Social Watch Bénin, un Réseau d’organisations de la société civile béninoise qui promeut entre autres l’équité de genre, grâce à l’appui technique et financier de OXFAM Québec depuis 2008 à nos jours, a mis en œuvre à travers tout le territoire national du Bénin un projet de lutte contre les Violences Faites aux Femmes et aux Filles (VFF).
D’après l’étude nationale réalisée en 2009 sur les violences faites aux femmes et aux enfants, le Bénin présente une situation multipolaire qui embrasse une diversité de « victimes » ainsi qu’une gamme variée de types de violences, une liste de causes et de déterminants, de même que des conséquences nombreuses. Les différentes régions du pays ne sont pas touchées de la même façon. Les personnes touchées, femmes et filles, sont pour la plupart des analphabètes ou ayant bénéficié de peu d’instruction et sont souvent très dépendantes de leurs familles et/ou époux. Si la pauvreté crée un environnement favorable au maintien des victimes de violences faites aux femmes et aux filles dans leur situation de dépendance, la tradition et le défaut d’informations en constituent le nid.
Les violences faites aux femmes et filles selon les pratiques coutumières et traditionnelles (mariage forcé, excision, lévirat, cicatrice de punition) et le viol exposent souvent les victimes au VIH/sida, aux infections sexuellement transmissibles, à la déscolarisation, aux grossesses non désirées.
Par ailleurs, un projet récent (Evaluation citoyenne dans le secteur de l’éducation dans quatre communes pilotes : Kétou, Dangbo, Avrankou, Adjohoun) mis en œuvre par Social Watch en 2011 révèle plusieurs problèmes dans les communes du présent projet à savoir :
– Violence sexuelle en milieu scolaire ;
– Mariage forcé des jeunes filles et abandon de l’école et de l’apprentissage ;
– Présence de toutes les formes de VFF dans ces communes.
Social Watch a également contribué avec l’appui du financement FCIL 2013-2014 à travers le projet «Education Citoyenne sur la prévention de la violence sexuelle et le mariage forcé de jeunes filles au Bénin » à impacter positivement les populations. Plusieurs communes ont exprimé le besoin de bénéficier de ce projet. Le choix de la commune de Boukombé où le mariage précoce obligatoire est culturellement une pratique acceptable est motivé par le souci des autorités locales à lutter contre cette pratique. Il en est de même de la commune de Ouinhi où la CPC sur des investigations a noté la persistance du phénomène qui handicape la scolarité des filles.
Objectif du projet
Contribuer au renforcement de la dénonciation et de la prévention de la violence sexuelle sur les filles et leur mariage précoce obligatoire au Bénin.
De manière spécifique, il s’agit :
– d’informer et sensibiliser au moins mille personnes des cinq communes cibles sur les textes de lois réprimant la violence sexuelle à l’égard des filles et le mariage précoce obligatoire ;
– de former au moins cinquante-quatre acteurs de lutte dans les cinq communes cibles contre la violence sexuelle à l’égard des filles et le mariage précoce obligatoire sur la plateforme numérique de dénonciation ;
– de mener des actions de communications à l’endroit d’au moins deux cent mille personnes dans les cinq communes sur la violence sexuelle à l’égard des filles et le mariage précoce obligatoire et sur l’utilisation de la plateforme numérique de dénonciation.

Résultats attendus dans l’immédiat
– Au moins 1 000 personnes (élus, professionnels, acteurs associatifs, citoyennes et citoyens, élèves, parents d’élèves, enseignants, etc.) des communes du projet (Avrankou, Adjarra, Dangbo, Ouinhi et Boukombé) sont informées et ont une meilleure connaissance des dispositions de lois qui luttent contre la violence sexuelle à l’égard des filles et le mariage précoce obligatoire (dispositions générales et sanctions);
– 54 responsables issus de deux Centres d’aide juridique (WILDAF et AFJB), 5 Centres de Promotion Sociale, 5 Cellules de Participation Citoyenne, 5 collèges, 5 gendarmeries, etc… sont outillés pour utiliser et vulgariser la plateforme électronique de dénonciation des cas de violences sexuelles ou de mariage précoce obligatoire sur les filles ;
– Au moins 200 000 personnes dans les cinq communes sont touchées par les actions de communication pour lutter contre la violence sexuelle à l’égard des filles et le mariage précoce obligatoire
– Au moins 10 messages de dénonciation par mois sont reçus sur la plateforme pour dénoncer des cas de violence sexuelle ou du mariage précoce obligatoire et orientés vers les CPS ou autres structures de prise en charge ou de répression.
Durée du projet
La mise en œuvre du projet s’échelonnera sur 3 mois. Le projet démarrera à partir du 2 Décembre 2014 et sera totalement achevé au plus tard le 28 février 2015.

Principales activités du projet

Activité 1: Réviser et réimprimer 1000 exemplaires du document révisé de la synthèse des lois portant prévention et répression de la violence sexuelle et le mariage forcé des jeunes filles
Apporter quelques révisions au document réalisé au cours du projet « Education Citoyenne sur la prévention de la violence sexuelle et le mariage forcé de jeunes filles au Bénin (Communes : Adjarra, Avrankou, Dangbo », financé par le FCIL, et faire la multiplication du document afin de pouvoir doter les différents partenaires ce projet.

Activité 2 : Créer la plateforme électronique OPOUTO – KOUNOUDETO pour dénoncer et prévenir la violence sexuelle sur les filles et leur mariage précoce obligatoire au Bénin
Cette plateforme informatisée permettra de collecter et de cartographier les dénonciations envoyées par SMS sur des cas de violence sexuelle sur les filles et le mariage précoce obligatoire par les victimes ou par les témoins.
– Lancer officiellement l’utilisation la plateforme numérique « Opouto – Kounoudéto »

Activité 3 : Organiser un atelier d’un jour de formation des partenaires sur l’utilisation de la plateforme électronique Opouto – Kounoudéto
Cet atelier sera articulé autour de deux thèmes à savoir les dispositions de lois qui répriment la violence sexuelle sur les filles et leur mariage précoce obligatoire au Bénin d’une part et l’utilisation et la vulgarisation de la plateforme OPOUTO – KOUNOUDETO. Deux communes bénéficieront sont : Dangbo et Boukombé.

Activité 4 . Traduire et diffuser les spots de sensibilisation réalisés sur les violences sexuelles et le mariage forcé des jeunes filles dans les communes cibles du projet
Les messages de sensibilisation radiodiffusés réalisés au cours du projet « Education Citoyenne sur la prévention de la violence sexuelle et le mariage forcé de jeunes filles au Bénin » seront rediffusés en cinq langues (français, goun, fon, yoruba, tori et wémè) dans les communes d’Adjarra, Avrankou, Dangbo et Ouinhi.
Les messages de sensibilisation seront traduits en deux langues locales ditammari et namba et diffusés sur une radio communautaire DINABA FM dans la commune de Boukombé.

Activité 5 : Réimprimer et poser les affiches imagées de sensibilisation sur les violences sexuelles et le mariage forcé des jeunes filles sur des places publiques dans les communes de Ouinhi et de Boukombé
Cette activité consiste à faire la réimpression des affiches imagées de sensibilisation réalisées dans le cadre du projet « Education Citoyenne sur la prévention de la violence sexuelle et le mariage forcé de jeunes filles au Bénin ». Ces affiches seront posées dans les deux communes : Ouinhi et Boukombé.
Activité 6 : Réaliser des messages radio et de mini-posters d’information sur l’utilisation de la plateforme électronique
Pour susciter l’utilisation de la plateforme par le public, des messages radio seront élaborés et diffusés dans sept principales langues (français, fon, tori, goun, wémè, ditammari et namba ) et des mini-posters réalisés pour indiquer au public comment se servir de la plateforme dans les communes d’Adjarra, Avrankou, Dangbo, Ouinhi et Boukombé.

Activité 7 . Mener des missions de contact au début du projet et de suivi du traitement des cas de dénonciations en fin de projet

Les cas dénoncés et recensés sur la plateforme seront documentés et suivi. D’autres cas feront l’objet de diffusion pour servir à prévenir d’autres. Il s’agit ici de capitaliser des actions du projet afin de planifier une situation mensuelle pendant les 3 mois (décembre, janvier, février) à diffuser et à distribuer aux partenaires.
Vers la fin de projet les Animatrices et le Chargé de Suivi de Social Watch Bénin effectueront une mission de terrain, pour évaluer les cas dénoncés ainsi que les traitements apportés par les structures de prise en charge auxquelles ils ont été référencés.

Agenda

Vidéo